Historique sur le barrage

APERÇU HISTORIQUE SUR LE BARRAGE DU CHAMBON
par Ch. OBLED, d’après J.- F. OBLED (1998) *

Texte — Avec l'aimable autorisation de M. Charles OBLED, Professeur INPG - Institut National Polytechnique de Grenoble ENSE3 Energie, Eau , Environnement ex - E.N.S. d'Hydraulique et de Mécanique.
Photos — Avec l'aimable autorisation du Musée Hydrelec : Le Verney, 38114 VAUJANY Tél : 0 476 807 800 – Fax : 0 959 714 089
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LES PARAGRAPHES
Contexte socio-économique
Une aventure industrielle et financièreHistoire d’un chantier… à histoires…Le Bétonnage… La fin de l’histoire ?

Contexte socio-économique :
La période 1890 – 1910 voit un premier développement de l’électricité, mais d’abord par ses applications industrielles en électrochimie et électrométallurgie (chlore, aluminium…).
A l’époque, on utilisait surtout du courant continu, peu transportable, d’où la nécessité de se placer près des sites de production hydroélectriques. C’est ainsi qu’entre 1899 et 1914, la vallée de la Romanche, avec de fortes pentes propices aux chutes (moyenne ~ 2%), voit 7 usines s’installer entre Séchilienne et Bourg d’Oisans. Cela fournit du travail à une population en déclin (-30% depuis le pic démographique de 1850, l’agriculture de montagne cessant d’être rentable), mais aussi à une nombreuse main-d’œuvre immigrée car la ressource en eau est surtout disponible l’été, quand les “ ouvriers-paysans ” sont aux champs…

Une rupture apparaît avec la guerre 1914-18 : les houillères et les sites industriels du Nord et de Lorraine sont occupés. Les usines se replient vers le sud, ont besoin d’énergie, et chimie et métallurgie tournent à plein pour la défense nationale… Les entreprises se développent, de nouvelles centrales apparaissent, comme celle des Vernes, en 1918. La Romanche, entre Séchilienne et Rochetaillée, sortira de la guerre comme un site industriel majeur dans le paysage français…


Malheureusement, la production d’énergie se fait au fil de l’eau, et dépend étroitement du débit de la Romanche. Son débit moyen est d’environ 25 m3/s mais il tombe à l’étiage, en hiver, à 5m3/s voire moins. Ainsi, en 1920 à Rioupéroux, l’usine ferroélectrique ferme pendant 3 mois par manque d’eau… Impossible dans ce contexte de faire que la production suive la demande. Un besoin de régulation se fait très tôt ressentir.

C’est Henri FREDET, un industriel de Brignoud, dans le Grésivaudan, qui dès 1918 propose le site du Chambon. Un verrou de roches cristallines dures, des gneiss, a momentanément obligé les glaciers quaternaires à se resserrer et à s’accélérer, favorisant l’érosion d’une bande de roches tendres (lias) qui a formé la cuvette. Celle-ci s’est ensuite remplie de dépôts morainiques et torrentiels qui ont formé la plaine du Dauphin, essentiellement couverte de prairies, et faiblement peuplée, ce qui n’est pas inintéressant pour le projet envisagé!

Les premiers sondages de reconnaissance commencent en 1919, avec la participation du Pr. Kilian et de P. Termier, inspecteur des Mines. On trouve une épaisseur de remblai d’environ 15 à 30 m, avec deux goufres assez profonds qui n’inquiètent pas sur le moment. En 1923, c’est plutôt l’éperon rive gauche qui fait souci au géologue Lugeon et au Pr. Buxtrof, de Bâle.
Du côté de la ressource, des mesures sont effectuées de 1917 à 1922 : avec un bassin de 254 km², qui s’étend entre 3 980 m (sommet de la Meije) et 952 m au verrou du Chambon, une superficie glaciaire de 6,2 %, on a pu estimer son apport moyen annuel à 280 Mm3 . Signalons aussi que la Romanche a connu des crues importantes au cours du siècle précédent, qui ont plusieurs fois dévasté complètement le région. La perspective d’une régulation de ces crues joue aussi en faveur du barrage auprès des populations en aval…

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