La coquette patinoire du Bourg-d’Oisans

La coquette patinoire du Bourg-d’Oisans, Archive André Glaudas

LA COQUETTE PATINOIRE DU BOURG-D’OISANS
Sources : Archives André Glaudas

Nota : Plusieurs messages me sont parvenus après la mise en ligne de cet article m’indiquant que « la coquette patinoire » était restée une attraction jusque dans les années 60 au Bourg-d’Oisans. Je perds sa trace à partir de 1938, mais cette absence des documents consultés ne fut donc que temporaire.
Des témoignages relatent l’existence d’au moins deux autres patinoires, la première après les années 60, faisait face au camping le Colporteur, elle était tenue par M. Roland Jouffrey ; l’autre dans les années 70, était située derrière la gare VFD, elle était très bien organisée, avec location de patins et petits vestiaires.

Durant le mois de décembre 1932, pour la première fois, une patinoire venait d’ouvrir ses portes au Bourg-d’Oisans.
Aménagée en quelques semaines, un peu dans la précipitation, pas moins de 1500 m2 de surface de glace vive et lisse étaient proposés aux habitants du Bourg à quelques jours des fêtes de Noël.

Située à l’entrée du Bourg-d’Oisans, sur un terrain plat ombragé en journée, non loin de la gare où étaient déposés les voyageurs d’un jour venus tout spécialement de Grenoble pour s’essayer aux joies de la glissade au pied des plus belles montagnes des Alpes.

L’attraction se voulait sportive, distrayante, familiale et s’adressait avant tout aux Bourcats ainsi qu’aux nombreux villages voisins.
Une installation parfaite, des bancs, des petites cabanes, et une activité qui se poursuivait en soirée sous un important éclairage tout spécialement installé à cet effet, laissant la possibilité aux patineurs d’évoluer tous les soirs jusqu’à 22 h 30 sous la fraicheur souvent saisissante des nuits d’hiver.

L’excellente qualité de la glace naturelle, dont la confection restera un secret, proposait une surface lisse, sans défaut disait-on, pour contenter les plus grands débutants comme les as de la pirouette.

Au moment des fêtes de Noël, la patinoire faisait « glace comble ». Elle avait attiré avant tout de nombreux skieurs, arrivés de l’Alpe d’Huez ou de Mont-de-Lans, venus avec joie chausser les patins après leurs randonnées à ski, parfois à l’aller, parfois au retour, parfois même les deux pour les plus inconditionnels !

Bourg-d’Oisans, était à cette époque un point de départ important vers les montagnes et les pistes réputées de l’Oisans. Avec ses hôtels confortables, ses entreprises de transport bien organisées, le cœur du canton était alors très apprécié des touristes et par beaucoup d’amateurs de sports d’hiver à la recherche d’une glisse sous toutes ses formes.

Mise en service pour la première fois en décembre 1932, la « Coquette patinoire » comme l’indiquait l’annonce, avait été inaugurée que le 15 janvier 1933. Elle avait été imaginée par le Comité du Syndicat d’Initiative du Bourg, très inspiré pour cette installation et « soutenu par des amateurs de notre belle contrée ».

Cette nouvelle attraction devait permettre au plus grand nombre de se livrer aux joies du patin « à moindre coût ».
Je n’ai pas trouvé le prix de l’entrée ni si une location de patins était prévue, toutefois, une carte de 25 francs permettait de profiter d’un programme complet : Un voyage aller et retour Grenoble-Bourg-d’Oisans par autocar, départ situé Square des Postes, ou rue Philis de la Charce à Grenoble. Cette carte donnait aussi droit au déjeuner (à midi), vin et services compris, dans l’un des excellents établissements du Bourg-d’Oisans, soit l’Hôtel des Alpes, l’Hôtel de Milan ou encore l’Hôtel Ramel. Bien entendu, l’offre permettait de profiter de la patinoire toute la journée.
Les cartes étaient vendues au Syndicat d’Initiative de Grenoble, rue Félix-Poulat et à celui de Bourg-d’Oisans.

Les aléas météo et les températures changeantes, ainsi que l’état de la glace, abimée par les passages assidus des aficionados de la glissade noctambule, pouvaient conduire à la fermeture temporaire de la patinoire qui devait, le temps d’une journée ou plus, reformer sa glace si appréciée, totalement lissée et entretenue à la main.

Après 1936, je n’ai plus trouvé d’autres annonces relatant la « coquette patinoire du Bourg-d’Oisans » dans les pages de la presse locale. En 1938, elle ne figurait plus dans la liste des activités proposées sur le Bourg-d’Oisans.

Une expérience sans doute tout aussi éphémère qu’inoubliable pour les petits comme pour les grands uissans.

Processing your request, Please wait....
Ce contenu a été publié dans ARCHIVES, HISTOIRE, TEXTE, VILLAGE, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.