La légende d’Abdul-Jéid

LA LÉGENDE D'ABDUL-JÉID
Je remercie Stéphanie qui m'a prêté ce vieux livre dans lequel j'ai découvert cette légende.

Source : Le Dauphiné par Paul Berret — date d'édition 1922  — pages 13 et 14.

[…] Pays d’enchantement et de nécromans : c’est là que se réfugièrent les Arabes, lorsque, chassées de Septimanie par Charlemagne et de Grenoble par Isarn, quelques-unes de leurs bandes essayèrent de se soustraire aux armées de la plaine, en se réfugiant dans les Alpes inaccessibles de l’Oisans. Mais Roland veillait. Des paysans vous conteront encore la légende : Abdul-Jéid avait répandu la terreur dans l’Oisans; Charlemagne entendit les plaintes des victimes; il dépêcha Roland; Roland, en un seul jour, emporta tous les châteaux forts d’Abdul-Jéid; mais, en ce temps, un grand lac s’étendait dans la plaine du Bourg-d’Oisans et, au milieu de ce lac, Abdul-Jéid tenait bon, dans une tour énorme, sans fenêtre ni porte, où il était ravitaillé par des nacelles de fer suspendues à des cordes. Or, Roland eut la bonne idée d’invoquer, contre le mécréant, Satan lui-même; car Abdul-Jéid avait trouvé le secret d’être mal avec tout le monde, même avec Satan. Un soir donc, l’on vit apparaître un pont transparent, couleur de feu, qui reliait la tour invincible à la rive du lac. Roland s’y engagea, tua sur-le-champ Abdul·Jéid, mais non pas assez à temps pour l’empêcher de jeter tous ses trésors dans le fond du lac. Roland plongea, sans hésiter. Hélas! il rencontra, au fond des eaux, Satan, qui s’emparait du butin; et Satan tua l’héroïque paladin. Ainsi fut véritablement occis à jamais le paladin Roland, sur le trépas duquel les poètes se sont ensuite permis tant de fantaisies. […]

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