L’Automobile dans les Alpes

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Les deux voitures Serpollet qui font le service de Bourg-d’Oisans au col du Lautaret.

L’AUTOMOBILE DANS LES ALPES

« La Vie au grand air » : revue illustrée de tous les sports.
Date d’édition : 1905-10-13
Source : Gallica

Une côte de 38 Kilomètres, montant de 1.315 mètres
Un service de voitures automobiles en montagne, ininterrompu pendant 4 mois.

Les services publics automobiles s’affirment de jour en jour, et la plupart de nos lecteurs de retour de vacances ont pu s’en convaincre, de quelque côté qu’ils aient dirigé leurs excursions.

Parmi les services automobiles publics qui ont été inaugurés cette année, l’un de ceux dont les résultats ont été les plus probants est à coup sûr celui qui fonctionne entre le Bourg-d’Oisans et le col du Lautaret.

Lorsqu’on quitte Grenoble en suivant la route de Briançon, un tramway à vapeur conduit à Bourg-d’Oisans, village situé à 51 kilomètres du chef-lieu de l’Isère.
À partir de ce moment, la route est à ce point accidentée que le petit chemin de fer renonce à escalader les rampes pour gagner le col du Lautaret, situé à 38 kilomètres de là, point culminant de la route qui gagne ensuite Briançon par un dernier tronçon de 25 kilomètres.

Le col du Lautaret, par sa situation merveilleuse, est le centre d’excursions recherchées par tous les grands touristes, c’est dire que lorsqu’un industriel aussi hardi qu’intelligent a eu l’idée d’établir un service automobile entre Bourg-d’Oisans et le col du Lautaret, il a trouvé dans le monde des touristes une clientèle nombreuse qui l’a récompensé de son initiative.

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La sortie des Goulets, sur la route, entre Bourg-d’Oisans et la Grave.

L’expérience a été cependant peu banale, si l’on songe que Bourg-d’Oisans est à 723 mètres d’altitude, alors que le col du Lautaret est à 2.038 mètres ; ce chiffre laisse à supposer quelles rampes rencontre parfois la route et quelle énergie on est en droit d’attendre du moteur pour accomplir un service régulier sur un pareil parcours.

L’entrepreneur, M. Bettou, ne s’est pas laissé effrayer par la difficulté ; il a acheté à M. Serpollet deux de ses excellentes voitures que nous reproduisons d’ailleurs ici, et n’a eu qu’à se louer d’avoir confié aux Gardner Serpollet le soin de réaliser ce petit tour de force.

Il y a quelques jours, il écrivait la lettre suivante :

Bourg-d’Oisans, 1905.
Monsieur Serpollet,
J’ai reçu, le 9 et le 10, deux de vos clients envoyés par vous, afin de se rendre compte de la marche de vos voitures. Nous leur avons fait faire des essais dont ils ont paru très satisfaits.
J’attends toujours votre visite, et j’espère bien vous voir venir assister à nos derniers jours de service, que je vais prolonger au moins jusqu’au 20 septembre, quoiqu’il n’y ait plus beaucoup de monde à transporter, et cela, pour affirmer une fois de plus la supériorité incontestable de votre marque pour effectuer un trajet aussi pénible que celui que nous faisons, aussi bien la descente que la montée. Nous aurons fonctionné presque quatre mois sans aucune panne ni accident, et sans interruption.

Recevez, etc.

Signé : BETTOU.

De pareils certificats fournis par les clients sont plus instructifs assurément qu’un résultat de course isolée, car ils montrent que les voitures de type courant sortant des usines de la rue Stendhal répondent bien aux désidératas actuels des touristes qui sont désireux d’avoir une voiture toujours prête à partir et dont l’organisme simple et robuste ne se lasse pas, quel que soit l’effort qu’on lui demande.

MAX RIVIÈRE.

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L’arrivée au col du Lautaret, à 2.038 mètres d’altitude.

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