L’avalanche de Clavans

L'AVALANCHE DE CLAVANS, LE 20 JANVIER 1981 Ont participé à cette séance, Anne-Marie, Cyrille, Lucien, Brigitte, Stéphanie, Denise, Paula, Jean-François, Agnès et moi-même.

Souvenez-vous, c'était il y a 30 ans, c'était hier…

Épée de Damoclès des alpinistes, skieurs et randonneurs en raquettes, elle transforme ces « conquérants de l’inutile » en poupées de chiffon dans un souffle glacé. L’avalanche tue. Les médias nous le disent, des dizaines de personnes partent chaque année en France. Qu’ils soient inconscients ou avertis, stupides ou aguerris, la Mort blanche les noie, les broie, ou les épargne sans discernement. La tragédie est alors considérée comme une fatalité, un dommage collatéral à une pratique sportive engagée, qui comporte des risques inhérents au milieu. La faute aux stupides, aux inconscients qui n’ont qu’à s’en prendre à eux. La belle fin aux avertis, aux aguerris morts dans leurs montagnes. La montagne et l’avalanche deux sœurs, belles à mourir, ensorcelées et ensorcelantes, elles appellent les montagnards comme les sirènes les marins. Deux sœurs qu’on ne peut séparer, la conquête du cœur de l’une ne peut se faire sans risquer la colère de l’autre. Parfois, l’ordre naturel des choses est bouleversé. Ce n’est plus l’homme qui va vers l’avalanche, c’est elle qui vient à lui. Elle dévale les pentes, glisse, coule au-delà des couloirs habituels. Rien ne peut arrêter son opulente course. Sa démesure l’a fait rentrer dans les maisons, par la porte, par la fenêtre, par la cave. La neige vomit par toutes les ouvertures. Elle couche les murs, soulève les toitures. Elle vous surprend dans un bruit sourd, vous plaque contre le mur, vous ensevelit vivant. Elle vous agresse, chez vous. Quand vous ouvrez les yeux, autour de vous, tout n’est que dévastation. Tout est mêlé, la boue, vos photos, la neige, la pierre, vos vêtements, le bois, vos souvenirs… Tout est déballé dans les ruelles au milieu du village dans un mortier insupportable à regarder tant il vous brûle les tripes. Pas le temps de pleurer ni de hurler. On appelle la famille, on informe les amis, les patrons, on retrousse les manches, on crache dans les mains, on prend la pelle et on va, sans plus de question, reconstruire au plus vite. Mais avant il faut faire constater, mesurer, quantifier le dommage, comme si le malheur pouvait être pesé à la façon d'un sac de blé… — Hé là ma p’tite dame pour votre vie dévastée, j’vous la fais à combien ? — C’est la double peine, une autre souffrance, plus sournoise, plus humaine… Cette journée du 20 janvier 1981 restera pour beaucoup le jour de l’Avalanche. La montagne a donné un avertissement. Elle a laissé la vie, mais a pris beaucoup de maisons. Une balafre qui a marqué le hameau de Clavans-le-Bas comme un coup de serpe. Si les maisons sont aujourd’hui reconstruites, cette blessure ne se refermera sans doute jamais pour beaucoup d’âmes. Grâce aux documents audio, photographiques (images prises par le reporter qui accompagnait les officiels venus constatés la catastrophe) et vidéo INA (reportage Antenne 2), je vous propose de faire un bond dans le passé de 30 ans et vivre le déroulement des événements comme les ont vécus les victimes de cette terrible journée. Témoignage audio de l'avalanche de Clavans de 1981, cliquez sur le triangle. Témoignage audio, après l'avalanche, d'autres avalanches racontées par Denise, cliquez sur le triangle. Reportage INA actualité Nationale Antenne 2 Journal Télévisé du 27 Janvier 1981 Prises de vue réalisées lors du passage des officiels venus constater la catastrophe.
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