Le saviez-vous ?

LA CHIENNE DE L’EMPEREUR ET LE LENTILLON

chapeau-NLe 1er mars 1815, Napoléon débarque au Golf Juan, il vient de quitter l’île d’Elbe où il a été exilé. Il est bien décidé à reconquérir son titre d’empereur et chasser le Bourbons qu’il pense en disgrâce aux yeux des Français. Il s’engage sur un itinéraire précis de villes étapes pour rejoindre Paris (la fameuse Route Napoléon). Avec lui, les quelques généraux qui lui sont restés fidèles, une poignée d’hommes, ses effets personnels, mais aussi ses précieux animaux, ses chevaux et ses chiens qu’il aime tant. La route est longue et non sans risque, l’Empereur a désigné un groupe de militaires de confiance à la surveillance exclusive de ses compagnons à quatre pattes. 
C’est au moment de partir de Vizille que la stupeur et l’effroi envahissent le groupe.

La chienne préférée de l’Empereur n’est plus là. Elle a disparu, elle s’est enfuie ou on l’a enlevée. On cherche, on appelle, on retourne le quartier. Rien à faire. Le temps passe, mais la chienne n’est pas retrouvée. On se décide enfin à avertir Napoléon qui dira juste d’une voix froide comme le marbre : « Qu’on retrouve ma chienne. »
L’Empereur arrivera à Paris sans son animal favori, et ne le reverra jamais. Il sera exilé le 15 octobre vers l’île Sainte Hélène après sa défaite à la bataille de Waterloo.
Mais où est passée sa chienne ?
Ce fut l’adjoint du Maire de Vizille qui retrouva la trace de l’animal au moment où Napoléon est embarqué pour Sainte Hélène. On lui apprit qu’un douanier du village de Mont-de-Lans avait trouvé un chien près de la route de Vizille le jour du passage de l’Empereur. L’élu se rendit chez le douanier et reconnut immédiatement le compagnon de Napoléon.
Muni d’une missive officielle, il enleva la chienne au pauvre Lentillon qui n’avait fait que la recueillir et la nourrir pendant tout ce temps sans avoir la moindre idée de quel extraordinaire animal il s’agissait.
L’édile garda la bête chez lui où elle mourut quelques mois plus tard des suites d’une infection parasitaire.

Le nom du bienfaiteur Uissans n’est pas resté gravé dans les tablettes de la grande Histoire, mais ne désespérons pas qu’un jour il resurgisse des archives pour venir se fixer sur nos pages et combler le vide de cette petite histoire.

SOURCES :
Les Mystères du Dauphiné
Claude Muller
De Borrée Éditions
ISBN 2-84494-086-2

La route Napoléon
Collection « Les Patrimoines »
Éditions le Dauphiné
ISBN 978-2-916272-54-2

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