Le téléphérique du Chambon

LE TÉLÉPHÉRIQUE DU CHAMBON Remerciements : une partie des informations qui figurent dans cet article vient du mémoire de M. Jean-François Obled, avec l'aimable autorisation du droit d'utilisation de M. Charles Obled. Merci également à M. Atzner pour le prêt de son document technique très complet. Une correction  a été apportée grâce à une remarque pertinente de Jean-François. Autres articles sur le barrage du Chambon : Dossier historiqueDossier techniqueDiaporama cartes postalesDiaporama HydrelecMaintenance du barrage en 1960Aperçu historique par Ch. Obled, d'après J.-F. Obled

Gare d'arrivée

La construction du barrage du Chambon a été, entre 1928 et 1935, le chantier de tous les défis. Très rapidement l’acheminement des 60 000 tonnes de ciment nécessaires à la réalisation du chantier (300 000 m3 de béton) a soulevé deux problèmes sur lesquels les ingénieurs du barrage ont dû se pencher : le stockage et l’approvisionnement de l’usine à béton située à l’amont du chantier. Une rapide évaluation des besoins journaliers fit apparaître qu’un tel chantier nécessiterait la mise en service de 15 camions roulants sans interruption sur la route Nationale 91. Le va et vient incessant des 15 poids lourds sur la petite route touristique au tracé tortueux et difficile, hiver comme été, et ce, durant toute la durée du chantier n’était pas envisageable, les ingénieurs ont donc cherché une autre piste. Un téléphérique, voilà la solution ! C’est la Société de Construction de Voies aériennes Transporteurs Etcheverry qui a réalisé cette impressionnante remontée mécanique ainsi que les câbles et pylônes pour les blondins qui alimenteront le chantier en béton durant sa construction. Le chantier du téléphérique s'est terminé en 1931. La gare de départ sera située au Bourg d’Oisans, près du terminus des Voies Ferrées du Dauphiné, car c’est par le tramway à vapeur qu’arrivaient les sacs de ciment. A cette occasion, un grand hangar d’une capacité de 1000 tonnes a été construit pour stocker le ciment artificiel de fabrication VICAT. Le téléphérique était, quant à lui, constitué de deux tronçons. Le premier mesurait 4 250 m, il partait à proximité de la gare, au «Pré des Roches» et arrivait à la station d’angle située au Clapier d’Auris. Du Clapier d’Auris le deuxième tronçon qui mesurait 6 200 m avait sa gare d’arrivée, en amont du chantier du barrage du Chambon. Cette deuxième portion avait la particularité d’avoir une station d’angle à 130° située sur la commune du Freney-d’Oisans au-dessus du hameau de Chazeaux. Cet angle est le seul point ombrageux de la remontée mécanique, car il imposera, durant toute la durée du chantier, la présence d’hommes pour pousser les bennes afin de les faire débrayer puis les embrayer sur le câble en profitant de la vitesse de ce dernier.

Station d'angle du Freney

Le Téléphérique était de type mononocable. Son câble en acier avait une longueur développée totale de 22 490 m pour un diamètre de 25 millimètres. Sa ligne était ponctuée de 62 pylônes de type treillis, le plus grand mesurant 40 mètres, un record pour l’époque. La ligne suivait un relief tourmenté qui oscillait entre 714 m d'altitude de la gare de départ pour atteindre 1250 m à son point culminant puis redescendait à 1085 m d’altitude à la gare d’arrivée. Le dénivelé entre la gare de départ et celle d’arrivée est d’un peu plus de 309 mètres. La portée, entre pylônes au-dessus du Châtelard (combe visible depuis le parking devant l’oratoire Notre-Dame de la Romanche) était de 878 m. La hauteur de survol maximum située au même endroit était de 280 m. Les véhicules aériens ou bennes disposaient d’un système de fermeture par "couvercle". Elles avaient une capacité de 5 sacs de ciment soit 250 kg. La vitesse du câble était de 2m/s soit environ 7,2 km/h. Une benne mettait un peu plus de 1h30 entre la gare de départ et la gare d’arrivée. (Je n’ai pas trouvé le nombre exact de véhicules sur la ligne, mais il est probable qu’il est été proche ou supérieur à 180 bennes.) Chaque véhicule était espacé de 120 m. Le débit était de 15 tonnes de ciment par heure soit environ une benne par minute. Le contenu des bennes était déversé à proximité de l’usine à béton, dans des silos de stockage d’une capacité totale de 1200 tonnes de ciment. Les bennes repartaient avec les sacs vides qui avaient été préalablement battus dans une batteuse mécanique. Durant toute la période du chantier, des mesures de sécurité poussées réglementent aussi les conditions d’exploitation téléphérique, notamment avec la construction de ponts abris pour protéger les cinq points de traversées de la route nationale 91. Suivant les conditions météorologiques et les vérifications, le transport par téléphérique stoppait afin d’éviter tout accident qui, d’après l’Arrêté préfectoral du 31 janvier 1930, incomberait à la seule responsabilité de la société Campenon Bernard maître d’œuvre du chantier du Barrage du Chambon.

Vue aérienne du tracé du téléphérique du Chambon

Fichier Google Earth © zippé avec l'implantation du téléphérique en 3D. Cliquez sur le lien pour le télécharger. Téléphérique du Barrage du Chambon.kmz Vidéo de la carte Google Earth, cliquez sur le player pour lancer la vidéo. [flv:/flash/video/telebarrage.flv 600 377]
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