l’épouvantable avalanche du Freney-d’Oisans.

Avalanche, lithographie d’Eugène Charles François Guerard, 1851

L’ÉPOUVANTABLE AVALANCHE DU FRENEY-D’OISANS
Journal des villes et des campagnes
Parution : 25 mai 1847

Épouvantable avalanche.
Un horrible accident vient de répandre l’effroi dans la commune du Freney. Voici les détails qu’on adresse à ce sujet du Bourg-d’Oisans au courrier de l’Isère.
« Le 11 mai, à sept heures du soir, une avalanche épouvantable de terre, de pierre, de rochers, de bois, s’est abattue sur le versant de la montagne de Mont-de-Lent qui regarde le Freney. Le long du ravin qui descend de cette montagne, prairie, champs, arbres séculaires, tout a été emporté. C’est un véritable miracle si le village du Freney, qui se trouve situé en cet endroit, sur les bords de la Romanche, n’a pas été entièrement détruit. L’avalanche, qui d’abord semblait se diriger de son côté et menaçait de l’engloutir, s’est arrêtée à quelques mètres en aval.
On a cependant à déplorer la perte d’un malheureux qui a disparu sous cette effroyable chute. Le cours du torrent, qui depuis quelques jours était d’une extrême violence, a été un instant suspendu par cette masse d’environ 25 à 30 mètres d’élévation ; puis, quand l’eau fut parvenue à cette hauteur, elle se précipita avec un horrible fracas dans le gouffre qui venait de se former. Le choc de cette masse immense de matériaux contre la montagne du Freney a été tel, qu’il a produit un effet inouï et que les hommes de science pourront seuls expliquer : on a vu une colline de flammes briller tout à coup dans les airs, et pendant quelques instants on a cru à l’incendie du village.

Le Freney est encore en ce moment tout inondé par les eaux qui sont refluées. Les dégâts, déjà très importants, peuvent le devenir bien davantage, si l’inondation continue. Les travaux de déblai menacent d’être fort longs, car il a été impossible, jusqu’à ce jour, de les commencer, à cause de la violence des eaux. Cet affreux évènement a jeté la consternation dans le pays. Depuis un temps immémorial, on n’avait rien vu de semblable. Cela rappelle presque le fameux éboulement qui intercepta le cours de la Romanche à Livet, et qui, s’étant rompu le 14 septembre 1219, causa la grande inondation de la plaine de Grenoble. »

Photo d’illustration : l’Avalanche, lithographie d’Eugène Charles François Guerard, 1851.

Processing your request, Please wait....
Ce contenu a été publié dans CHRONIQUE, HISTOIRE, PRESSE, TÉMOIGNAGE, TEXTE, VILLAGE, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.