Les graines de la discorde

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Dans l’histoire du colportage, les colporteurs fleuristes occupent souvent la place de choix dans le panthéon des légendes et des hauts faits d’armes de ces marchants itinérants.
Tous visent la réussite et espèrent la fortune. Pour la plupart, ce commerce « atypique » n’apportera qu’endettement, malheur et ruines aux familles qui tenteront l’aventure.
Certains villages, Villard-Notre-Dame, La Garde, Le Freney-d’Oisans, Mont-de-Lans, avaient des colporteurs ou familles de colporteurs qui pratiquaient ce commerce, mais le village de Venosc en avait fait sa spécialité. C’est d’ailleurs la famille Ramel, de ce même village (hameaux du Sellier et de la Ville), qui sera la première en 1825 à mettre en place et développer ce colportage pour le moins audacieux.
Le client pouvait admirer à loisirs la galerie de planches dessinées représentant des plantes arrivées à maturité avant de se décider. Ces représentations (souvent très valorisantes), accompagnées du boniment du colporteur, facilitaient la transaction, car le marchand ne vendait naturellement pas la fleur, mais le bulbe, l’oignon, la graine… qui devait devenir la fleur dessinée sur la planche.

Parfois, le talent des dessinateurs et du vendeur, mais aussi la tromperie montée de toute pièce par une minorité de colporteurs (lire l’article sur l’histoire de La rose bleue), pouvait contraindre certains clients à porter plainte comme le relate ce fait-divers trouvé dans la presse régionale du XIXe siècle.

Impartial Dauphinois du 3 septembre 1862, page 3

On sait que dans les contrées les plus inclémentes du Briançonnais et de l’Oisans, les hommes valides émigrent l’hiver et parcourent la France jusqu’au printemps en exerçant diverses industries.
Quelques-uns font de la mercerie ; d’autres, qui poussent loin le génie du commerce et la confiance dans la bêtise humaine, préfèrent le commerce des simples ; d’autres encore vendent des graines et des oignons de fleurs, et nous avons vu imprimés des catalogues où l’on annonce les végétaux les plus inconnus et des fleurs dont M. Verloit ne soupçonne certainement pas l’existence.
Ce sont des pépins d’où sortira un arbre toujours vert qui atteindra en cinq ans une hauteur de cent mètres ; des griffes dont chaque jet portera des fleurs de vingt-cinq couleurs différentes ; on peut juger du reste.
Deux habitants de la commune de Venosc, les nommés Jean et Joseph Balme, viennent d’être arrêtés par la gendarmerie du Bourg-d’Oisans, en vertu d’un mandat d’amener du parquet de Paris, sous l’inculpation de tromperie commise dans des ventes de graines et de fleurs opérées par eux dans cette ville.

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