Les Mandrins en Oisans.

LES MANDRINS EN OISANS.
Extrait de L’Oisans, recherches historiques, par Louis CORTES, P. 127 et 128.

UN ÉCHO DE L'HISTOIRE DE MANDRIN.
Louis Mandrin lui-même ne fut pas inconnu en Oisans. Personne n'ignore que l'une des occupations du célèbre aventurier était d'opérer la contrebande entre la Savoie, le Dauphiné, les États du pape à Avignon et la. Provence.
Ceci ne l'empêchait pas, entre temps, de piller quand il en avait l'occasion les caisses publiques, en malmenant ou pis encore ceux qui les gardaient. Il traversait ainsi le Dauphiné, se défendant s'il était attaqué, mais la plupart du temps se conduisant à peu près correctement, afin de ne pas s'aliéner les populations.
Dans leurs chevauchées à travers l'Oisans, les contrebandiers sont surtout dirigés par le lieutenant de Mandrin, Louis Cochet, dit Manot.

Nous rapportons plaisamment à son sujet une savoureuse anecdote, extraite des archives de la guerre, V. 3406, page 315, publiée par M. Rey, ex-inspecteur d'Académie de l'Isère.
Les contrebandiers passants cie Savoie en Dauphiné « descendent sur Clavans, franchissent le col de Besse, Mizoën, le Freney et s'abattent comme une trombe sur Bourg-d'Oisans. À leur vue, les employés des fermes, au nombre de 14, pris d'une soudaine panique, s'enfuient affolés, abandonnant registres, papiers, caisse, et la population du Bourg fut tellement terrifiée par l'apparition des mandrins que, malgré les ordres formels du comte de Marcieu, les consuls apeurés oublièrent de faire sonner le tocsin et d'avertir les communautés voisines et les autorités du passage de ces bandits.
Poursuivant leur route sans s'arrêter, Manot et ses cavaliers, au nombre de 24, courent de toute la vitesse de leurs chevaux jusqu'à la Paute, franchissent le col d'Ornon et, par le Périer, se dirigent vers le Comtat-Venaissin et la Provence. Le comte de l'Hospital, maréchal de camp, dont le quartier général est à Voiron, écrit à ce sujet au Ministre de la Guerre, le 11 juin 1755 : « A l'égard de la « bande de Manot, on a enfin découvert qu'elle avait pris route par le Bourg-d'Oisans, où les employés ont pris la fuite en l'apercevant, et sans avoir averti sur le champ qui que ce soit, ainsi que les communautés où cette bande a pu passer. Le temps nous en apprendra plus au juste la route, et j'espère que Monsieur de Marcieu sévira contre les communautés qui ont négligé ou ralentis leurs enseignements à cet égard.

Illustration d’après nature de Louis Mandrin, emprisonné à Valence, dessin réalisé quelques heures avant son exécution.

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