L’hôtel Perrin

L’HÔTEL PERRIN, UNE HISTOIRE DE PERRINS !
Remerciements à M. Louis FAURE pour le prêt des documents.

perrinL’Hôtel a été acheté par Monsieur Georges Perrin, originaire d’Allemont et sa femme (Savoyarde) à un monsieur de Clavans (vers les années 1920).
Monsieur Perrin avait plusieurs activités : plombier, ramoneur et forgeron (la forge était devant l’hôtel, elle a été démolie en 2006).
En 1931, à la construction du Barrage, l’hôtel Perrin fût loué par l’entreprise Campenon-Bernard pour y loger ses ouvriers. Il n’y avait pas encore de restauration, c’était simplement des logements. (Les meubles appartenaient déjà à monsieur Perrin.)
Le cinéma fût créé vers cette époque. Celui-ci a continué à fonctionner jusqu’à la fermeture de l’hôtel en 1950. Au mois d’août 1935, à la fin de la construction du barrage, Monsieur Perrin commença à faire débit de boisson. Étant propriétaire d’un magnifique piano (qui a été vendu bien plus tard), on commença à organiser des animations dansantes. Les gens du pays animaient les guinguettes du samedi soir et du dimanche après-midi. Il y avait beaucoup de monde, car le samedi matin, il y avait le marché au Freney et on y trouvait de tout. Monsieur Perrin a habité jusqu’à son dernier souffle l’Hôtel, Madame Perrin quant à elle, a fini ses jours en maison de retraite. 
Propos recueillis auprès de Mme Andrée Ougier par Pascal GARNOT.

L'histoire ne s'arrête pas là !

Grégoire Anselme PERRIN était l'ingénieur en charge du percement du tunnel de l'Infernet en 1808.
L'extrait ci-dessous est tiré du livre "Passer les cols, franchir les Alpes". Toutes les références en bas de page

Le printemps suivant, l'ingénieur ordinaire, M. Amori, avait déplu à M. Lallier, ingénieur en chef, pour avoir trop plu à madame Lallier. Il demanda son changement et fut remplacé par M. Polonceau avec lequel j'avais passé plusieurs années au Simplon. Rien ne pouvait être plus agréable pour moi. J'allais revoir mon ami que j'aimais beaucoup. J'étais assuré qu'il ne fixerait pas sa résidence au Bourg-d'Oisans ni à Grenoble, comme avaient fait ses prédécesseurs. J'étais au contraire assuré qu'il la fixerait dans les montagnes. Je connaissais ses goûts. Ils avaient tant de rapports avec les miens que je ne pouvais pas me tromper. Il était honnête homme dans toute la force du terme. Nous allions recommencer nos parties de chasse, nos parties de minéralogie, etc. Enfin M. Polonceau arriva vers la fin du mois d'avril, époque où les ateliers devaient tous être mis en activité. Nous nous occupâmes à chercher son logement. Nous trouvâmes au Freney une maison qu'on appelait le château", appartenant à un nommé Reymond. Cette maison, ou plutôt ce château, n'était pas habitée par le propriétaire. Il en avait une autre, mauvaise, qu'il habitait avec sa famille. Il eût été logé bien plus commodément, mais il n'osait pas l'habiter, et voici pourquoi. Dix jours avant l'arrivée de Polonceau, je m'étais adressé à ce Reymond, qui était le Maire de la commune du Freney, pour louer son château pour M. Polonceau. Cet homme, qui avait soixante ans, me demanda douze francs par mois du loyer de cette maison et d'un grand jardin, et il ajouta naïvement (c'est lui qui parle) : « M. Perrin, je dois vous prévenir que le château que vous venez de louer est presque inhabitable, que je n'y coucherais pas, ni personne de ma famille, quand il s'agirait de gagner tout au monde. Ainsi je vous conseille de chercher un autre logement à ce monsieur qui doit arriver, parce qu'il aura beaucoup de désagréments dans ce château, et il ne pourra pas l'habiter longtemps. Depuis qu'il est à moi, je l'ai affermé à plusieurs particuliers du pays. Aucun n'a pu y coucher deux nuits de suite. » Sa femme, ses filles et deux grands enfants tremblaient à la seule idée que quelqu'un allait habiter ce terrible château qui était l'épouvante de tout le pays. Enfin, je demandai pourquoi il n'était pas habitable. Le père me répondit en frissonnant: « Toute la nuit, monsieur, oui, toute la nuit, il est rempli de revenants qui font un tapage épouvantable. Nous y tenons des noix et du pain, et, lorsque nous avons besoin d'aller en chercher au milieu du jour, nous y allons toujours trois ou quatre. Ainsi, jugez si un homme seul pourrait y passer la nuit. Il y mourrait de peur si on ne lui faisait pas d'autre mal. Nous faisons dire tous les ans beaucoup de messes pour apaiser ces revenants qui, effectivement, après, font moins de tapage. Mais ils recommencent toujours en automne, plus fort que jamais et ce bruit dure presque aussi fort pendant huit mois de l'année. Et pendant tout ce temps, cette misérable maison est inabordable ». Après ce récit, je me mis à rire et je tâchai de les dissuader. Mais ce fut en vain. " Parlez-en à M. le curé, me dirent ces braves gens, et vous verrez ce qu'il vous en dira. Il sait mieux que nous ce qui se passe dans ce château. Je le crois bien, leur répondis-je, mais soyez tranquilles. Il n'y aura plus de revenants lorsque ce monsieur y sera logé. C'est moi qui vous en réponds. Enfin je m'en allai en plaignant la crédulité de ces pauvres gens, et fâché contre le curé que je connaissais beaucoup, qui était instruit, mais fin, rusé et fort adroit. M. Polonceau arriva quelques jours après. Je lui fis part des revenants, desquels il se moquait. Nous fûmes voir le château. Il le trouva bien, et, au bout de huit jours, il vint pour l'habiter. Le premier soir, j'y couchai avec lui et son domestique. Nous y fîmes venir avec nous un conducteur des travaux, Gautier. Nous avions bien pensé qu'il pouvait bien se faire que quelque coquin du pays s'introduisît dans la nuit dans cette maison par quelque issue que nous ne connaissions pas, ni le propriétaire, dans l'intention de lui voler tous les soirs quelque chose de ce qu'il y entreposait, tel que des noix, du pain, etc. Enfin, nous nous couchâmes tranquillement. Mais, au bout d'une heure de tranquillité, nous entendîmes marcher au galetas dans des tas de noix qu'on y avait déposées pour sécher.

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