Migration des colporteurs

ARTICLE DU PETIT DAUPHINOIS
Merci à Gérard pour la découverte de ce texte tiré du Petit Dauphinois, en date du lundi 25 août 1897. 699/62

BOURG D'OISANS MIGRATION DES COLPORTEURS

Départ des colporteurs, octobre est sur le point de nous tirer sa révérence, le froid commence à nous montrer ses dents aiguës, et les pâtres transhumants viennent d’abandonner les haberts.

Les habitants de l’Oisans, eux aussi ont regardé la cime de leurs monts. Les voyant se couvrir - comme feraient des vierges - de leur immaculé manteau, ils ont compris qu’il était temps de partir. Et semblables aux hirondelles, ils émigrent chaque jour vers des pays moins maltraités par les rigueurs de l’hiver, où vont-ils - que font-ils ? regardez les passer amis lecteurs, du Dauphiné, du Languedoc, de l’Auvergne ou de la Provence. Quelques uns ont une voiture; mais presque tous ont une balle sur le dos et un demi-mètre sous le bras, ils sont pendant l’hiver marchands colporteurs.

Je ne sais si au moment des adieux quelque larme furtive ne mouille pas leur paupière, en quittant leur compagne et leur famille. Après tout, c’est la séparation !... Ils ont un cœurs, ces hommes qui partent pour six longs mois ... pour toujours, peut-être ! Car, pendant ce temps, la parque n’arrêtera pas son travail dévastateur. Et, Ô ironie, prenant sa quenouille, la femme file la laine pour l’absent.

Et l’absent retrouvera t-il tous les siens? Ou,— dans ces pacages un pâtre veille à tout — trouvera t-il son troupeau grossi ? Ami qui me lisez, l’avenir vous l’apprendra ...

X.

[DDET Nota. cliquez pour ouvrir la note.]
La date de parution de l'article est en avance de deux bons mois sur les dates de départ des colporteurs de l'Oisans.
[/DDET]

Processing your request, Please wait....
Ce contenu a été publié dans PRESSE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.