Premier Chalet-Hôtel de la Bérarde

PREMIER CHALET-HÔTEL DE LA BÉRARDE
Voici la retranscription d'un texte débusqué dans l'Impartial Dauphinois du 3 janvier 1884. 

Le texte relate les premières réflexions ouvertes de la STD (Société des Touristes du Dauphiné) pour une recherche de terrain sur le secteur de la Bérarde dans le but de construire le premier Chalet-Hôtel (fin des travaux en 1887) susceptible d'accueillir dans les meilleures conditions, les touristes-alpinistes de plus en plus nombreux et qui jusque là étaient hébergés chez l'habitant. 

En un peu plus d'un siècle, l'architecture du bâtiment a beaucoup changé. Le Chalet-Hôtel, deviendra l’"Hôtel Tairraz" en 1909 — racheté par la famille qui en avait la gérance —, puis l'"Auberge de la Meije" en 2010 sous l'impulsion d'un projet initié 10 ans plus tôt par la Mairie de Saint-Christophe-en-Oisans.

L'Impartial Dauphinois 
03 janvier 1884 — page : 2 

Société des Touristes du Dauphiné.

"La Société des Touristes du Dauphiné a tenu jeudi dernier sa deuxième assemblée générale statutaire de l'année. Dans cette assemblée, toujours la plus importante, en raison, soit des questions qui y sont traitées, soit des rapports qui sont faits par le président, le secrétaire et le trésorier, d'intéressantes résolutions ont été prises.

M. le président Faure a passé en revue les créations faites depuis neuf ans par la Société: s'occupent successivement des chalets des Sept-Laux, de la Bérarde et de la Morte, des refuges de la Farre, de la Selle et de Belledonne, il a signalé les services qu'ils rendent aux touristes chaque année plus nombreux en Dauphiné.

[…]

Pendant que ce projet était à l'étude, une autre question qui, depuis longtemps déjà, préoccupait le bureau appelait son attention d'une manière toute particulière : C'était celle de la Bérarde. On sait que la Bérarde, ce misérable hameau, autrefois perdu et presque ignoré au fond de la vallée du Vénéon, a pris, au point de vue de l'alpinisme une importance considérable, car c'est le centre du massif du Pelvoux et le point de départ le plus ordinaire pour les excursions dans ce massif. En 1876, un an après sa fondation, la Société des Touristes du Dauphiné, la première, eut la pensée de substituer à la précaire hospitalité offerte jusqu'alors par Rodier une installation plus confortable. Elle loua dans la maison même de Rodier deux pièces où elle plaça six lits et le mobilier le plus indispensable : ce fut un événement et les remerciements ne manquèrent pas à la Société. Depuis lors, les touristes sont allés toujours plus nombreux à la Bérarde. En 1883, quatre cents au moins y ont séjourné; un jour ils étaient 35, un autre jour 21, puis 23. L'insuffisance de la maison Rodier depuis longtemps constatée devenait intolérable ; aussi cette situation préoccupait si vivement le bureau que dès le mois de juillet et ensuite au mois d'août plusieurs de ses membres allaient à la Bérarde pour étudier les moyens de remédier à cet état de choses. Dans les premiers jours de septembre, M. le président s'y rendait pour choisir un emplacement sur lequel on put établir un chalet. Construire paraissait, en effet, le seul parti à prendre, car il ne fallait pas songer à agrandir la maison Rodier et l'on n'en trouvait dans le hameau aucune autre qui fût susceptible d'être appropriée au but proposé. Des négociations tendant à l'acquisition d'un terrain furent alors engagées, récemment elles ont enfin abouti et un terrain a été acquis sous réserve de l'approbation de la Société. M. le président a donc demandé à l'assemblée de reporter sur le projet de la Bérarde la priorité qui avait été accordée à celui de la Pra en ratifiant l'acquisition de terrain qui venait d'être faite et en autorisant le bureau à poursuivre ses études. L'assemblée, par un vote à peu près unanime, a répondu affirmativement à cette demande."

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