Une inondation oubliée du 7 juin 1955

UNE INONDATION OUBLIÉE DU 7 JUIN 1955
Retranscription d’un compte rendu d’une réunion du conseil municipal du Bourg-d’Oisans du 9 juin 1955.
Après la construction du Barrage du Chambon (1928 - 1936), les crues foudroyantes de l’impétueuse Romanche semblent enfin soumises à la volonté de l’homme… L’inondation de 1955 rappellera à ce dernier qu’un équilibre est toujours basé sur un compromis qui oscille entre « pas assez » et « beaucoup trop ».

Photo d’illustration : Le Bourg d’Oisans en 1948, vue aérienne IGN.

« Monsieur le maire expose au conseil municipal que le 7 juin 1955, vers 18 heures, la Romanche, grossie par une fonte rapide des masses de neige tombée cet hiver, en haute altitude et une pluie torrentielle ; ainsi que le Vénéon, dont une telle crue n’avait encore jamais été vue de mémoire d’homme, a débordé par dessus la digue, rive droite entre le Pont de la Romanche et les Alberges, sur toute la longueur, soit 3 kilomètres environ. De plus, les dalles de la digue, s’étant affaissées sur une centaine de mètres de long au kilomètre 50, les eaux ont envahi la cuvette formée par la nouvelle route No 91, l'évacuation de l’eau étant suffisantes, l’Hotel de la Cascade a été inondé presque jusqu’au premier étage. La Sarenne a également cassé sa digue, rive droite en deux ou trois endroits vers Bassey.
De ce fait, toute la partie de la commune située entre les Alberges et Vieille-Morte a été complètement recouverte d’eau, d’où de graves dégâts aux immeubles, récoltes et chemins.
Il est évident qu'une plus grande catastrophe a été évitée à Bourg d’Oisans, du fait de ce déversoir imprévu et de la baisse des eaux qui a commencé vers minuits le même jour.
Monsieur le Préfet de l'Isère, monsieur le parlementaire du département, les ingénieurs des Ponts et chaussées, sont venus apporter le réconfort leur présence te constater les pertes subies.
Il ne semble pas que l'on puisse, vu la situation actuelle, envisager le versement d'indemnités au particulier, mais, cependant, rien ne sera négligé pour obtenir des pouvoirs publics, des secours aussi élevés que possible.
Si nous tenons gain de cause les sinistrés auront des déclarations à souscrire.
De plus, nous tâcherons de remettre en état, au plus tôt les chemins détériorés soit par les eaux, soit par les ruisseaux venant de la montagne.
Le conseil municipal, ouït le rapport de Monsieur le Maire, considérant les dégâts causés par ces inondations, demande au gouvernement de vouloir bien soumettre au vote du Parlement l'ouverture des crédits nécessaires à la réparation des dommages chez subis tant par la commune que par les particuliers.
Afin de permettre au réservoir artificiel du Chambon de jouer son rôle de régularisation des eaux pour lequel il a été prévu, insiste énergiquement auprès de l'Électricité de France pour que ce lac ne soit jamais à sa cote maximum et puis se recevoir l’eau d'une grosse crue brutale. Ce qui serait possible en baissant son niveau d’eau inférieur de quelques mètres à sa plus haute côte, au moins jusqu’à l’automne lorsque les risques d’inondations de la plaine de Bourg-d’Oisans on disparu ; La Romanche et le Ferrand ayant un débit suffisant pour le remplir en quelques jours. »

Nota : Après la publication de cet article sur Facebook, mon oncle Guy, m’informa que le Vénéon menaçait de sortir de son lit à Bourg-d’Arud les hommes du village avaient été appelés à construire une digue en toute hâte mon grand-père Marius faisait parti des réquisitionnés !

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