Source : Document transmis par Robert AILLAUDSur le même sujet :
– Église de venosc et son trésor
– Église St-Arey du Freney-d’Oisans
– Histoire de l’église St Julien d’Auris
Voici la retranscription d’un procès-verbal d’une visite pastorale officielle effectuée le 6 septembre 1666 par le vicaire général du diocèse à l’église paroissiale de Freney-d’Oisans.
La visite concerne l’église paroissiale de Saint-Arey du Freney-d’Oisans en 1666 ; elle n’est pas assurée par l’évêque de Grenoble, Pierre Scarron, mais par Joseph de La Poype, son représentant.
Ces visites épiscopales ou archiépiscopales étaient des inspections canoniques régulières visant à contrôler l’état matériel et à faire un état des lieux, mais aussi spirituel, des paroisses.
La fin du texte évoque qu’à Mizoën « il n’y avait aucun catholique », soulignant la situation religieuse de l’Oisans au XVIIᵉ siècle, où les villages de la vallée du Ferrand étaient majoritairement protestants avant la révocation de l’édit de Nantes vingt ans plus tard.
PAGE 1
Visite de l’Église
Paroissiale de Saint Arey du
Freney en Oisans
Le sixième septembre mil six cent soixante-six,
ledit seigneur vicaire général a fait la
visite de l’église paroissiale du Freney où il a
été reçu par le Saint Curé à la porte de ladite église –
Lequel lui a présenté la croix à baiser, le missel,
l’étole et l’eau bénite dont il a aspergé tous
les assistants, et sont entrés dans ladite église —
chantant l’antienne du patron d’icelle, et ensuite
le grand hymne Veni Creator Spiritus ; après quoi
ledit seigneur a célébré la sainte messe et
ensuite fait la prédication, puis visité le
Saint-Sacrement de l’autel, lequel il a trouvé
renfermé dans un ciboire d’argent, et ordonné
que les habitants dudit lieu en achètent un petit
pour porter le Saint-Sacrement aux malades, et qu’ils
fassent tapisser le dedans du tabernacle d’une
étoffe de soie ; que l’endroit où sont les reliquaires
soit tenu plus décemment, et que tout ce qui est
dans la sacristie soit sorti par les sieurs curés,
et que dans icelle on mette une armoire
pour tenir les ornements, et une table pour ser-
vir à ce qui sera nécessaire.
Les fonts baptismaux sont en fort bon état.
Ledit seigneur a néanmoins ordonné que dans
un mois la bassine qui contient les eaux baptismales
soit étamée.
Les saintes huiles sont trouvées avec beaucoup
d’odeur désagréable.
Ledit seigneur a trouvé dans la sacristie
trois calices d’argent dont l’un est doré avec –
Un parement, trois pluviaux de damas, huit
chasubles, un dais, deux bannières, trois croix,
six chandeliers, quatre nappes de toile blanche
et quatre autres, quatre surplis, deux missels
dont un grand, et cinq pour la chapelle de Notre-Dame.
Dans ladite église est la chapelle du Saint-Esprit
construite aux frais de Julien Payre, laquelle
n’est point fondée, mais pourtant ornée de toutes
les choses nécessaires pour y dire la sainte messe.
Ledit seigneur a exhorté ledit Payre de prendre ses
résolutions pour la fonder dans trois mois, auquel
temps il a chargé ledit curé de lui en donner avis.
Il y a pareillement dans ladite église une chapelle
où est établie la confrérie du Saint Rosaire,
laquelle est fondée, mais le revenu en est si médiocre
qu’il n’y a pas de quoi payer les dépenses ; ledit
seigneur a ordonné qu’attendu le mauvais état
où elle a été trouvée, que dans trois mois
elle soit garnie de tous les ornements nécessaires,
faute de quoi l’autel sera démoli à la diligence
du sieur curé.
Ledit seigneur a ordonné que les réparations qui
ont été faites, et celles qu’on fera à l’avenir, comme aussi
les collectes qui vont être faites dans ladite église,
soient exigées par celui que la communauté nommera,
lequel en rendra compte toutes les années à ladite
communauté en l’assistance du sieur curé ;
lequel seigneur a chargé d’en rapporter
un état fidèle au synode.
Item, ledit seigneur a ordonné au sieur curé de tenir
deux registres : pour les baptêmes, pour les
mariages et enterrements, le tout séparément.
À l’entrée de ladite église à main gauche est une
porte qu’on a dû ouvrir dans une cave ; ledit
seigneur a ordonné très expressément que dans la
quinzaine tout ce qui est dedans soit sorti et
la porte d’icelle murée, aux dépens dudit curé,
sans y rien tenir, sous peine de punition.
Le cimetière n’est point fermé ; ledit seigneur a
ordonné aux habitants de le faire fermer et
murer dans une année ; il y a deux cloches
dans le clocher.
Messire Antoine Prieur de la Garde, de Saint-Robert,
a déclaré que Monsieur le Prieur
de la Garde présente audit curé le bénéfice
et en bon état.
Le curé s’appelle Messire Pierre de Lot, natif
dudit lieu, âgé d’environ quarante-cinq ans.
Ladite visite a été faite en présence de la
majeure partie de la paroisse, et à l’issue
de la messe de paroisse ; de laquelle nous,
ledit seigneur, nous sommes acheminés pour aller en visite,
et sur le chemin avons vu l’église de Mizoen ;
voulant aller visiter, ledit curé lui a dit que
dans ladite paroisse il n’y avait aucun catholique.



