ÉGLISE, CHAPELLES ET CURÉS DE LA GRAVE 1/3

Église des Terrasses avec la Meije en fond.
Source Collection Archives départementales des Hautes-Alpes

Église, Chapelles et curés de La Grave

Source : Archives de Mme Louise Pudda
Extrait du Bulletin Paroissial La Grave-La Meije : février, mars, avril, mai, juin et juillet 1958

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L’ÉGLISE DE LA GRAVE 1/3

Au cours des mois qui viennent et à compter du mois de février, nous nous proposons de compulser les archives paroissiales et de donner les notes d’histoire que nous retrouverons au sujet des églises et chapelles du canton de La Grave. Commençons par l’église de La Grave.

La paroisse de La Grave, arrondissement de Briançon, diocèse de Gap, portait anciennement le nom de « Basses-Arènes (Arenœ Inferiores) par opposition à Villar· d’Arène appelé alors « Hautes Arènes » (Arenœ Superiores).
Elle tire son nom de sa dénomination primordiaLe : Arenœ, sable, gravier, puisqu’elle est située sur la rive droite et sablonneuse de la Romanche. Certains, à tort, pensent que son nom de Grave lui vient de « mons gravis » en raison des hautes montagnes, des roches escarpées et des glaciers qui l’environnent et qui par leur position lui donnent la configuration d’une corbeille mi-ovale, ornée de neige en hiver, de verdure et de fleurs l’été. Selon d’autres ce nom pourrait encore lui venir des grandes difficultés qu’il y avait autrefois de longer la Combe de Malleval (malla vallis) qui y conduit du côté de l’Oisans. Cette dernière opinion ne semble pas plus fondée que la précédente.

Les archives de l’église ayant été entièrement détruites le 24 mai 1793, par le 8e Bataillon du Régiment du département de l’Ain, cantonné en cette localité on n’a pas pu, dit M. Liothaud, maire de La Grave en 1806, dans un mémoire qu’il a dressé lui-même et que l’abbé Maurel, Curé (1876-1886) a trouvé en feuilles éparses et déchirées, malgré les soins apportés à faire des recherches, découvrir aucun titre ni document qui indique la date précise où l’église a été construite. Néanmoins on peut affirmer qu’elle est très ancienne et remonte au moins au XIe siècle. Son architecture et l’irrégularité de sa distribution, tout tend à le prouver. M. Goulain architecte départemental a dressé en 1854 un plan et un devis de réparations. faites à notre église et a écrit :
« L’église de La Grave qui a été construite à l’époque romane, présente à l’extérieur tous les caractères de cette époque ». Une preuve irrécusable de son antiquité : ce sont les indulgences accordées au commencement du XIIIe siècle à une de ses chapelles — celle de St Étienne — qui n’existe plus, par le pape Grégoire IX (1227-1241).

La paroisse de La Grave dépendait jadis de l’Évêché de Grenoble et faisait partie de ce diocèse. Mais lors de la division du territoire français en départements, les habitants de La Grave et de Villar d’Arène, dans l’espoir de participer aux droits et franchises du Briançonnais avant la Première révolution, réunis en Assemblée générale, décidèrent en grande majorité qu’il est plus avantageux pour eux de faire partie du Briançonnais et demandèrent à être incorporés à cet arrondissement. Dès lors ils firent partie du département des Hautes-Alpes, et après le Concordat de 1801 dépendirent de l’évêché de Digne et depuis celui de 1817 de celui de Gap.

La paroisse de La Grave se compose actuellement du bourg de La Grave et du hameau des Fréaux, sis à deux kilomètres de distance sur la route nationale. Le village des Terrasses érigé en paroisse au XIXe siècle en dépendait.
L’église de La Grave a pour patronne la Vierge Marie sous le titre de l’Assomption. La fête patronale est célébrée le 15 août. Ce même jour on célèbre aussi la « fête de la Montagne ». La grand’messe est chantée en plein air sur la place du village, sur un autel construit chaque annèe par des mains habiles et expertes. Autour de l’autel on peut voir tous les instruments d’alpinisme : piolets, crampons, cordes et traineaux de sauvetage.
À côté de ces « instruments » deux gerbiers sont dressés ; le travail de la terre est ainsi symbolisé et offert à Dieu en même temps que la rude besogne des guides de haute montagne. Une foule chaque année, plus nombreuse participe à cette double fête. L’église a été dotée par les Papes Grégoire, IX, Clément IX et Clément XI du titre de Notre-Dame des Basses-Arênes. Détruite lors des guerres de Religion qui ont causé tant de ravages en nos contrées, l’église a été reconstruite sur un plan bien inférieur à son plan primitif. En 1857, la toiture du côté du couchant était supportée par des colonnes en bois, le tout dans un état de délabrement pitoyable. Par les soins de M. Dominique Faure, curé, et Laurent Carraud, maire, un devis a été dressé par l’Architecte départemental qui a divisé l’église en trois nefs, les a couvertes de voutes en moellons en tuf, et a donné à l’édifice une forme plus grandiose et plus digne de sa construction première. Les travaux ont été commencés le 15 mai 1857 et ont été terminés vers la fin de l’année. La dépense s’est élevée à 11,500 francs qui ont été payés par la commune. Pendant la durée des travaux les cérémonies ont été faites à la chapelle des Pénitents. L’année suivante, 1858, ont été faits les bancs de l’église, la porte de la sacristie, et on a acquis l’appui de communion en fer et en fonte, deux autels en marbre blanc : le maître-autel et celui de la Sainte Vierge. On a dépensé pour ces divers objets la somme d’environ 3.500 francs qui a été payée avec le produit de divers dons faits à l’église par les sollicitations de MM. Faure, curé, et Carraud, maire.

Le cimetière est contigu à l’église et remonte à sa construction. L’intérieur de l’église a servi de nécropole jusqu’à l’époque où les lois civiles ont prohibé les inhumations à l’intérieur des édifices.

Nous avons dit ci-dessus que plusieurs Papes ont accordé à l’église de La Grave, à ses chapelles et à ses autels de riches indulgences, Jadis les Brefs mentionnant ces indulgences, et portant la signature et le sceau des Papes étaient conservés dans un écrin fermé à clef et conservé à la sacristie. De cet écrin on ne trouve aujourd’hui plus de traces. Heureusement les registres parois. siens ont gardé la nomenclature et la teneur de ces Brefs.

— Bref du pape Clément IX (1669) accordant à l’autel de Notre-Dame du St-Rosaire dans l’église de La Grave, une indulgence plénière, le jour des Morts et tous les jours de l’Octave.

— Bref du pape Clément XI (1703) accordant, chaque année, à l’église des Pénitents de la Bienheureuse Marie, dans la paroisse de La Grave une indulgence plénière à ceux qui visiteront ladite église le jour de la Visitation de la Sainte Vierge et y prieront aux intentions du Souverain Pontife.

— Bref du pape Clément XI (1701) accordant à l’église de Notre-Dame-de La Grave, une indulgence plénière, chaque année, à tous ceux qui, s’étant confessé et ayant communié, visiteront, depuis les premières Vêpres jusqu’au lendemain au coucher du soleil, ladite église aux fêtes de l’Assomption et de la Nativité de la Ste Vierge.

— Bref du pape Innocent XIII (1721). accordant à la chapelle de St-Jean-Baptiste, dans la paroisse de La Grave, une indulgence plénière, chaque année, à tous ceux qui s’étant confessés et ayant communié visiteront ladite chapelle, depuis la veille au coucher du soleil, de la Nativité de St Jean-Baptistie jusqu’au soir du 24 juin, et y prieront aux intentions du Souverain Pontife.

L’énumération des quatre brefs est suivie de ces mots :
« Certifié conforme aux originaux conservés à la sacristie de l ’église paroissiale. La Grave, le 22 mai 1886, V. Granet, Curé ».

À suivre…

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