LE CANTON DU BOURG-D’OISANS 1857

La Romanche, Eugène Charpenay, fin XIX, Plaque de verre, collection musée Dauphinois.

Source Gallica : Géographie historique, physique, politique, industrielle, commerciale, statistique et pittoresque du département de l’Isère
Auteur : V. Brunet
Date d’édition : 1857

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CANTON DU BOURG-D’OISANS
20 Communes — Population : 15195 habitants

Ce canton, le plus grand et le plus montagneux du département, occupe tout le pays compris entre le versant oriental de la chaîne où se trouve le pic de Belledonne, la Savoie, le département des Hautes-Alpes et le canton de Valbonnais. Ce vaste territoire est pour ainsi dire fermé par une ceinture de montagnes très élevées qui n’en permettent l’accès que sur deux points principaux : du côté de la Grave, à l’entrée de la Romanche, dans le canton ; et à l’endroit où elle en sort, au-dessus de Vizille. Des chemins scabreux communiquent également avec le Valbonnais.

Le canton du Bourg-d’Oisans offre à la vue un aspect charmant et des plus variés : ce sont de petites vallées arrosées par des eaux limpides nourrissant d’excellentes truites, des villages perchés contre le flanc des montagnes, des lacs, des cascades, des pics qui montent jusqu’aux nues, de vastes pâturages, des glaciers, et des précipices affreux au-dessus desquels vivent le chamois et l’aigle.

Pendant l’hiver, cette contrée est, pour ainsi dire ensevelie sous la neige ; aussi presque tous les hommes valides l’abandonnent, et colportent, soit en France, soit à l’étranger, des graines, des herbes médicinales et d’autres marchandises. Les habitants qui restent se réunissent en grand nombre dans des étables propres et maintenues dans une douce température par la présence des bestiaux.

La Romanche est le cours d’eau le plus considérable du pays ; elle sort des Hautes-Alpes, reçoit dans son cours de nombreux torrents, et féconde une vallée de plus de 20 kilom. de long, sur une largeur moyenne d’un kilom. Sur plusieurs points, pour lui empêcher de ravager la campagne, on lui a construit des digues avec des blocs de rocher, reliés entre eux par d’énormes chaînes de fer.

Ce canton est pauvre en productions agricoles : on y récolte du seigle, de l’orge, de l’avoine, du froment, et de bonnes pommes de terre.

Les pommiers de la vallée de la Romanche donnent une reinette très estimée ; la dernière inondation a un peu nui à ces arbres. On y élève de nombreux troupeaux de moutons, des porcs et des mulets de belle race.

En revanche, il renferme de grandes richesses minérales : on y trouve de l’or, des mines d’argent dont l’exploitation a été plusieurs fois interrompue, du plomb, du cuivre, du fer, du zinc, etc., etc., du cristal de roche, ainsi que des carrières d’ardoises et d’anthracite.

Une voie romaine traversait l’Oisans, dont les habitants étaient appelés Uceni par les Romains ; des traces de cette voie s’aperçoivent encore près du Mont-de-Lans. On reproche à ce pays d’être très processif.

LE BOURG-D’OISANS (à 49 k [de Grenoble], 2 760 h. ; audience et marché le samedi), sur la route de Briançon, entre la Romanche et la montagne ; bourg commerçant où viennent s’approvisionner toutes les communes du canton. Le Bourg-d’Oisans, qui compte plusieurs hameaux, a un territoire fort étendu.

Communes et lieux remarquables.

— Allemont, la seconde commune du canton, occupe un territoire très étendu au pied de la montagne des Chalanches, très riches en minéraux. En 1767, on y découvrit une mine d’argent que l’on exploite sans obtenir de bien grands résultats. Allemont est le siège des usines destinées à l’exploitation de toutes les mines du canton; on y fait aussi le commerce des ardoises.

Livet et Gavet, sur la route de Vizille, près d’une grande forêt, possèdent le haut-fourneau de Rioupéroux, construit en 1826. Un peu plus haut se trouve l’Infernet, point resserré entre deux montagnes très élevées. Là, vers la fin du XIIe siècle, des blocs de rocher s’étant détachés de la montagne, firent un barrage à la Romanche qui, refluant vers la plaine de l’Oisans, forma le lac Saint-Laurent. Environ trente ans après, les eaux ayant rompu leur digue, se précipitèrent dans la plaine de Vizille et portèrent le ravage jusqu’à Grenoble, qui fut inondé.

Le Mont-de-Lans, sur la rive gauche de la Romanche, dans un lieu exposé au nord ; au-dessus se trouve un glacier d’une grande étendue. Près du Mont-de-Lans, on a construit dans le rocher plusieurs galeries pour le passage de la route.

Saint-Christophe, au fond de l’Oisans. Cette petite commune occupe un espace très étendu dans une localité éminemment montagneuse, où la rigueur du climat rend la végétation rare. La location aux bergers provençaux, des excellents et vastes pâturages qu’elle renferme, constitue une véritable ressource pour la commune. Son hameau le plus élevé est celui de la Bérarde (1766 m) dans les environs duquel on trouve des glaciers et des mines de cristal de roche.

Le Freney occupe une fort belle position au centre du canton.

Foires principales. — Le Bourg-d’Oisans en a trois très importantes ; Allemont, une le 14 août.

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