Église, Chapelles et curés de La Grave
Source : Archives de Mme Louise Pudda
Extrait du Bulletin Paroissial La Grave-La Meije : février, mars, avril, mai, juin et juillet 1958
Sur le même thème :
– Note du curé Michel d’Auris
– Mort du curé des cimes
L’ÉGLISE DE LA GRAVE 1/2
CHAPELLES DE LA PAROISSE DE LA GRAVE 2/3
CURÉS DE LA PAROISSE DE LA GRAVE
Après avoir parlé de l’église et des chapelles de La Grave, nous pensons que nos lecteurs liront avec intérêt la liste des Curés de la paroisse de La Grave. Grâce aux travaux de l’abbé Guillaume, archiviste du département des Hautes-Alpes, il est possible de remonter jusqu’à 1561.
- Laurent Juge a été transféré de la cure des Hières à celle de La Grave1 en 1561. Il a administré cette paroisse pendant 20 ans, c’est-à-dire jusqu’en 1581.
- Pierre Cibaud, natif de Monêtier-les-Bains, l’a remplacé.
Si l’on en croit les archives de la commune, il aurait été Curé de la paroisse pendant 21 ans, soit jusqu’en 1602. - Pierre Carraud a prolongé plus longtemps encore son ministère à La Grave, puisqu’il y est resté jusqu’en 1634.
- Paillas a été installé le 7 juillet 1634 ; son dernier acte porte la date de 1672. C’est donc 38 ans plus tard qu’il fut remplacé par Raphaël Séon.
- Raphaël Séon, cinquième Curé dont le nom nous soit connu, a été transféré de la cure des Hières à celle de La Grave en 1672. Il a administré la paroisse jusqu’au 16 avril 1675. Décédé à 40 ans, il a été enterré dans notre cimetière.
- François-Louis Pellissier a pris possession de la cure presque aussitôt après la mort de R. Séon. Il a rempli avec édification, est-il dit dans l’acte de son décès, signé par tous les curés du canton, pendant 16 ans, les fonctions curiales. Il est le premier à être qualifié du titre d’archiprêtre.
- Jean Guerre l’a remplacé un mois après son décès en 1691. Suivant l’exemple de son prédécesseur immédiat, il a enrichi la bibliothèque paroissiale de plusieurs volumes. Il est décédé le 14 janvier et a été enseveli dans le chœur de l’église.
- Juge a procuré à la paroisse un grand nombre d’indulgences.
C’est probablement pendant son pèlerinage à Rome qu’il fut remplacé par le Père Romuald, religieux Récollet, qui a signé un certain nombre d’actes paroissiaux. Il est décédé en 1746. - Molest a probablement été nommé Curé de La Grave à la fin de la même année.
- Giraud n’a fait que passer dans la paroisse.
- Garden. Son premier acte porte la date du 28 juillet 17 48 et le dernier celle du 1er mars 1768. Il a donc été Curé de La Grave pendant 20 ans. Il a fait faire à ses frais la seconde, la cloche dite de l’école, sans doute parce qu’elle sonnait pour annoncer la rentrée des classes.
- Simon Poya, natif de cette paroisse, lui a succédé et est entré en fonctions vers le milieu de 1768. Il a administré la paroisse jusqu’au moment où la tourmente révolutionnaire l’obligea à s’en éloigner. Des personnes dignes de foi racontent qu’ayant été injustement accusé d’avoir volé les vases sacrés de la paroisse, qui furent plus tard restitués et que l’on trouva un matin à la porte de l’église, il fut attaché à l’arbre de la liberté, appelé mai, et reçut tant de coups de pied que ses souliers étaient pleins de sang. On dit qu’il supportait ces traitements indignes et cruels avec une patience inaltérable et qu’il se bornait à dire : « Ce n’est point moi qui ai volé les vases sacrés, mes enfants ! » L’auteur de ce vol sacrilège qui était présent à ce spectacle et qui, pour détourner les justes soupçons qui pesaient sur lui, frappait plus fort que les autres a porté même en cette vie la punition de son forfait. Obligé de franchir le Lautaret par un mauvais temps d’hiver, il eut les pieds gelés et endura avant de mourir de dures souffrances. Après un si triste exploit, il n’est pas surprenant que les habitants de La Grave aient abandonné leur légitime pasteur pour s’attacher à un mercenaire, M. Liothaud, natif de ce pays et y résidant.
Il est à présumer qu’il a administré les sacrements jusqu’après le Concordat de 1801. Il avait prêté le serment exigé par la Constitution civile du clergé. Après avoir été nommé pro-curé (Nota : Personne religieuse faisant office de curé dans une paroisse qui en est dépourvue ou absent pour une longue durée), il fut dans la suite nommé Curé de La Grave. Il a pendant qu’il remplissait les fonctions de pro-curé, dressé une liste de mariages revalidés par lui, ce qui prouve que s’il les avait bénits lui-même, comme c’est probable ; ils étaient nuls faute de juridiction. M. Poya se retira au Chazelet, puis à St-Jeande-Bournay (Isère) où il mourut. Il est dit dans un mémoire que firent rédiger les consuls de La Grave contre certaines prétentions élevées au sujet de la dîme par le curé Poya, que la dîmerie de La Grave dépendait primitivement de la Prêvoté d’Oulx (Italie) et qu’elle fut cédée au Séminaire de Grenoble en vertu d’un traité entre les parties contractantes, et que le Séminaire de Grenoble se démit à son tour de ladite dîmerie et de tous les fonds, droits et pensions en faveur des Curés de La Grave, du Chazelet et des Hières.
- Bleinc, fut après le Concordat, le premier curé de La Grave. Son premier acte porte la date du 24 septembre 1804. Il paraitrait qu’il y a résidé peu de temps, car il n’y a dans les registres aucun acte signé de sa main, aucun acte postérieur au 23 octobre de la même année.
On le représente comme un homme très capable, très instruit. Ce qui prouve la vérité de cette assertion, c’est qu’il fut appelé à diriger le Petit Séminaire d’Embrun.
En quittant la paroisse, il conserva son titre de Curé, et M. Liothaud dont nous avons déjà parlé administra La Grave avec le titre de Vicaire pro-curé. - Liothaud, de Vicaire fut élevé aux fonctions de Curé vers la fin de 1809 et administra la paroisse en cette qualité jusqu’au 22 décembre 1826, époque où il mourut et fut enseveli dans le cimetière de La Grave ainsi que le témoignent les Registres. Sur sa pierre tumulaire (Nota : Relatif au tombeaux), on peut lire cette épitaphe : « Ici gît, repose le corps de M. Liothaud, curé de La Grave, 32 ans, décédé le 22 décembre 1826. »
- Antoine Magnan, natif de Ceillac, canton de Guillestre, succéda à M. Liothaud, prit possession de la paroisse au début d’avril 1827 et l’a administrée jusqu’au 7 avril 1854, date de sa mort. Il fut enseveli dans le cimetière ; on a placé sur sa tombe une croix sur laquelle se trouvent gravés ces mots : « Pendant 27 ans, il fut de cette paroisse le pasteur et le père. » C’était un homme d’une vie sobre et frugale, d’un grand désintéressement, faisant beaucoup d’aumônes, fréquentant peu la société, presque uniquement occupé die la prière et de l’accomplissement de ses devoirs.
- Dominique Faure, né à Cervières, canton de Briançon a remplacé M. Magnan. Il a pris possession de la Cure de La Grave le premier juin 1854 et a été installé le 14 du même mois. Il a été Curé de la paroisse jusqu’à la fin d’août 1858 et fut transféré à la cure de Monétier-les-Bains. Il a fait exécuter de grands travaux à l’église paroissiale, au clocher, à la Sacristie et à la Chapelle des Fréaux ainsi que nous l’avons relaté.
- Chaffrey Philip de Bramousse, hameau de Guillestre, a été installé le 4 septembre 1858 dans la paroisse où il resta jusqu’au 13 septembre 1876. Admis à la retraite, il se retira à Guillestre où il mourut.
- Pierre Fine de Pierre-Grosse, paroisse de Molines-en-Queyras lui succéda, mais il démissionna immédiatement après sa nomination.
- Jean-Pierre Maurel de Ceillac, canton de Guillestre, fut installé à La Grave à la fin d’octobre 1876. Il a administré la paroisse jusqu’en décembre 1886, époque où il fut nommé à Monêtier-les-Bains. Il a travaillé avec zèle au salut des âmes, à la décoration de l’église et de la sacristie.
- Victor Granet, de Saint-Clément, canton de Guillestre, arrondissement d’Embrun, qui a pris possession de la cure de La Grave le 1er janvier 1886, et a été installé le 14 du mois de février de la même année. Au mois de mai 1889, il fut nommé à : la cure de l’Argentière ; la paroisse demeura sans pasteur jusqu’au 1er août de la même année, époque où il fut installé à la cure de La Grave.
- Louis Blanchard, de Chantemerle, jeune prêtre dont les qualités d’esprit et de cœur ne laissaient rien à désirer. Il fut reçu à bras ouverts par toute la population et faisait espérer un ministère aussi heureux que fécond, lorsque Dieu le rappela à lui après dix-huit mois passés dans cette cure. Requiescat in pace !… Ses funérailles furent un deuil pour la paroisse. Les Curés de Briançon, du Monetier, et bon nombre d’autres confrères s’y rendirent. Il repose dans le cimetière de la paroisse, tout auprès de la tombe de M. Magnan, d’heureuse mémoire. Ses parents lui ont fait ériger une croix tumulaire, destinée à perpétuer son souvenir. Il mourut le 17 décembre 1891 et fut remplacé par…
- Maximin Blanchard, également de Chantemerle, qui fut installé le 1er février, dimanche de la Sexagésime. Au mois de juin 1899, il fut nommé à la cure du Monetier de Briançon et eut pour successeur…
- Placide Rozan, de Châteauroux-Saint-Irénèe, arrondissement d’Embrun. Il fut installé au commencement de juin 1899 par Monsieur Bernard, chanoine honoraire, curé de Briançon. En 1907, il fut nommé à la cure de Tallard.
- Martin, de Chauffayer. Il fut instal1é le 25 octobre 1907 et mourut accidentellement le 10 avril 1918. Il eut pour successeur…
- Roux, de la Roche-de-Rame qui arriva dans la paroisse le 23 mars 1919 et fut nommé curé de Tallard en avril 1923. Il eut pour successeur…
- Garnier, de Châteauroux-les-Alpes, qui fut installé par le Chanoine Bonnabel, secrétaire général de l’évêché de Gap, le 1er septembre 1923 et nommé Curé de Saint-Firmin-en-Valgodemar, en avril 1930.
- Auguste Clot, du Chazelet, curé des Hières et Chazelet, curé-archiprêtre de La Grave de 1930 à 1937 ; nommé chanoine honoraire, puis curé de Monetier-les-Bains, paroisse qu’il quitte en 1945 pour aller à Gap, où il est nommé Vicaire général de son condisciple : Mon-seigneur Bonnabel.
- Etienne Roux, né à Vallouise, précédemment curé du Plan de Vitro1les, curé-archiprêtre de La Grave de 1937 à 1945 où il est appelé à la cure de Monetier-les-Bains.
- Emile Bonnardel, né à Montmaur, ancien vicaire de Briançon, curé de La Grave de 1945 à 1947, nommé curé-archiprêtre de L’Argentière-la-Bessée.
- Louis Jacob, Chanoine, né aux Hières le 28 avril 1878, curé-archiprêtre de L’Argentière-la-Bessée de 1940 à 1947. Pour raison de santé et d’âge, demande à se retirer à La Grave. Monseigneur l’Évêque lui demande d’accepter la charge de la paroisse (sans avoir celle de Villar d’Arène). Installé le 24 août 1947 par le Vicaire général Clot.
- Boiron, de Lyon, ancien religieux, a administré la paroisse de juillet 1949 à la mi-juin 1951, avec le titre de Vicaire économe. Il quitta la paroisse pour raison de santé.
Fin

