Sur le Tramway Grenoble-Uriage-Bourg-d’Oisans

Le « Tacot » tramway traverse Séchilienne, collection Freneytique.

Sur le Tramway Grenoble-Uriage-Bourg-d’Oisans

Publication source Gallica : Le Dauphiné, courrier des eaux thermales de la région,
Date d’édition : 20 mai 1894

Sur le même sujet : Inauguration de la ligne de Grenoble au Bourg-d’Oisans

Les fêtes officielles qui devaient précéder l’ouverture du service des voyageurs sur cette ligne, n’ayant pu avoir lieu en raison de la mort du président Carnot et du deuil national qui s’en est suivi, la Société des voies ferrées du Dauphiné a procédé jeudi 5 juillet à une inauguration semi-officielle. Un train spécial avait été formé au point initial de la voie à la gare P.-L.TM même (côté sud) à Grenoble, pour conduire les invités par Uriage et Vizille au Bourg-d’Oisans, point terminus ; M. André Neyret, président du conseil d’administration, et M. Devilaine, administrateur, accompagnés de M. Fabre, ingénieur principal, et M. Hentchell, directeur de l’exploitation, recevaient les membres de la Presse grenobloise et régionale qui devaient effectuer ce petit voyage ; M. le président de la Chambre de commerce, Brenier, l’un des promoteurs de l’entreprise, avait également tenu à être présent au départ.

Donner une description de la ligne semblerait chose superflue pour nos lecteurs, car, nous avons déjà souvent détaillé ici même les beautés de tout ce parcours ; les milliers de personnes transportées déjà par la Société nouvelle depuis lundi dernier, malgré une installation hâtive, sont là pour témoigner que l’ouverture était impatiemment attendue et cette première semaine d’exploitation fait présager un beau succès pour le premier chemin de fer sur route créé dans les Alpes Dauphinoises.

La ligne Uriage-Oisans traverse la ville de Grenoble sur une longueur de près de 3 kilomètres avec 9 stations ou arrêts sur ce parcours ; elle franchit, à niveau pour cette année, la voie P.-L.-M. de Savoie, passe à Gières où l’on transforme en station l’ancien relais des omnibus, et arrive à Uriage en suivant les bords du Sonnant. La gare, avec ses services accessoires, a été installée à l’entrée de l’Établissement ; un réseau de voies ferrées, parcouru par de bruyants convois, a remplacé la verdoyante et tranquille prairie qui, naguère encore, occupait tout le fond du vallon et commençait le parc ; d’Uriage à Vizille quelques minutes ; un coup d’œil au château et aux nombreuses fabriques de cette cité industrielle, et on se trouve déjà dans les gorges de la fougueuse Romanche que l’on a tantôt à sa droite, tantôt à sa gauche, jusqu’à Rioupéroux dont les papeteries au bord du torrent occupent tout le tond de la vallée. De fortes pentes de 48 millimètres, avec courbes de très courts rayons, amènent à Livet et jusqu’au seuil de la belle plaine d’Oisans. Vient ensuite un long parcours sur un palier superbe, et l’on arrive au Bourg après un trajet de 54 kilomètres environ. La gare terminus est sur la route nationale de Briançon, à l’entrée de la ville même.

Après une rapide visite aux travaux de construction de l’hôtel-pension nouveau, créé près du torrent de Saint-Antoine, par la Société immobilière des hôtels de l’Oisans et du Briançonnais, dont nous avons déjà parlé, un banquet a été offert aux invités par la Société des Voies Ferrées du Dauphiné, à la prospérité de laquelle des toasts chaleureux ont été portés. On s’est plu beaucoup à reconnaître avec quelle rapidité a été construite cette ligne qui, en moins de 11 mois, a passé de l’état de projeté l’exploitation définitive, et les félicitations n’ont pas été ménagées à ses auteurs à tous les degrés.

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